SAISON DU MOUSTIQUE 2019

Alessandra Buronzo



9 nouveaux départements en vigilance rouge
au moustique tigre et les moustiques
déjà bien présents dans 53 départements !
A quelques jours du lancement du Plan anti-dissémination d’arboviroses par
la Direction générale de la Santé, Vigilance-Moustiques, 1er site d’information
actualisée sur les moustiques en France, publie sa carte 2019 du moustique
tigre.
Avec, cette année encore, 9 nouveaux départements en vigilance rouge, la
colonisation de l’ensemble du territoire continue son accélération vers le nord.
La région parisienne est notamment passée entièrement en vigilance rouge ou
orange.
Par ailleurs, il n’y a désormais plus de départements en simple veille sanitaire
(couleur verte). Tous les départements qui ne sont ni en vigilance orange, ni en
vigilance rouge passent en vigilance jaune, ce qui signifie qu’ils sont en veille
entomologique, et donc soumis au dispositif de surveillance correspondant.


9 nouveaux départements en vigilance rouge,
soit une augmentation de 42% en seulement 2 ans
et 51 départements au total
Vigilance-moustiques publie chaque année,
depuis 2013, sa carte du moustique tigre, établie
à partir des données officielles mais selon une
méthodologie exclusive.
Déclaré officiellement implanté et actif
Interception ponctuelle lors des
5 dernières années
Surveillance entomologique
Veille sanitaire – Rien à déclarer

En 2019, la carte montre que la progression du moustique tigre est toujours spectaculaire avec
9 nouveaux départements placés en vigilance rouge, soit 51 au total : Charente-Maritime, Côte-d’Or,
Loire, Nièvre, Puy-de-Dôme, Paris, Seine-et-Marne, Essonne, Seine-Saint-Denis rejoignent ainsi les 42
départements dans lesquels le moustique tigre était déjà implanté et actif en 2018, à savoir Hauts de Seine,
Aisne, Hautes Alpes, Hautes Pyrénées, Ariège, Lozère, Indre, Maine et Loire, Corrèze, Val-de-Marne, Bas-Rhin,
Haut-Rhin, Vendée, Saône-et-Loire, Rhône, Ain, Isère, Savoie, Alpes hautes Provence, Var, Alpes Maritimes,
Haute Corse, Corse du Sud, Drôme, Vaucluse, Bouches du Rhône, Ardèche, Gard, Hérault, Aveyron, Tarn, Aude,
Pyrénées Orientales, Haute Garonne, Tarn-et-Garonne, Lot, Dordogne, Lot-et-Garonne, Gers, Gironde, Landes,
Pyrénées Atlantiques.
15 départements désormais en vigilance orange, c’est à dire que le moustique a été intercepté
ponctuellement dans les 5 dernières années (méthodologie retenue par l’ECDC dans sa mission de suivi des
espèces vectorielles invasives en Europe) : Charente, Deux-Sèvres, Indre-et-Loire, Loire-Atlantique, Loir-et-Cher,
Cher, Allier, Haute-Loire, Haute-Savoie, Jura, Doubs, Yonne, Val-d’Oise, Oise, Yvelines.
30 départements en vigilance jaune : ces départements font l’objet d’une veille entomologique spécialement
dédiée à la surveillance du moustique tigre, sans qu’aucun spécimen n’y ait été intercepté ponctuellement :
Cantal, Creuse, Eure-et-Loire, Haute Vienne, Vienne, Loiret, Morbihan, Finistère, Côte d’Armor, Ille et Vilaine,
Mayenne, Sarthe, Orne, Manche, Calvados, Eure, Seine Maritime, Somme, Nord, Pas de Calais, Ardennes, Marne,
Haute-Marne, Aube, Meuse, Moselle, Territoire de Belfort, Haute-Saône, Vosges, Meurthe-et-Moselle.

En tout, ce sont 66 départements qui sont colonisés ou bien en passe de l’être, soit près
de 70% du territoire. En effet, nous observons que l’essentiel des départements qui sont
en vigilance orange passent tôt ou tard en vigilance rouge.
La saison du moustique déjà lancée
dans 53 départements !
Après un hiver relativement doux et des vagues de chaleur
précoces, dès février, la saison des moustiques a déjà débuté
depuis quelques semaines, bien avant la date officielle
du 1er mai et le lancement du Plan anti-dissémination
d’arboviroses.
Ce fut d’ailleurs le cas en 2018, considérée comme une
grosse année à moustiques, qui a vu sa saison démarrer très
tôt et surtout se terminer très tard, des moustiques étant
toujours présents à l’approche de Noël. 5 départements ont
été particulièrement touchés : Haute-Garonne, Gironde,
Bouches-du-Rhône, Tarn et Herault.
La saison des moustiques a démarré sur plus de la moitié
du territoire (53 départements) : Le Nord, la façade
Atlantique, le Sud-Ouest, le pourtour méditerranéen et le
couloir Rhodanien jusqu’aux départements du Rhône et
de l’Ain. Les régions épargnées sont surtout les régions
montagneuses et le Grand Est.

Pour rappel, 3 facteurs déterminent la quantité de moustiques que l’on peut
constater dans une région donnée :
1. Un hiver doux, ce qui permet aux œufs pondus avant l’hiver de survivre jusqu’au printemps et
pouvoir ainsi reprendre leur cycle d’évolution après les premières pluies et les premières chaleurs.
2. Des pluies abondantes qui génèrent suffisamment d’eaux stagnantes pour que les œufs
pondus puissent y vivre leur processus complet d’évolution jusqu’au stade de moustique adulte
en passant par celui de larve.
3. Une fois ces pluies tombées, il faut en moyenne 10 jours de chaleur suffisante (23°C
le jour et 15°C la nuit) pour permettre aux œufs de moustiques de devenir larves puis moustiques
adultes. Si les températures sont supérieures, le cycle se raccourcit. Si elles sont inférieures, le
cycle s’allonge. Il faut une baisse franche et brutale des températures pour qu’il s’interrompre
complètement.
Piqûres et prolifération inhabituelle
Conditions favorables à la multiplication
Veille sanitaire – Rien à déclarer
46 départements sont quant à eux dans des conditions favorables à la multiplication : Nord, Pas de Calais,
Somme, Seine Maritime, Oise, Eure, Val d’Oise, Yvelines, Hauts de Seine, Seine Saint Denis, Paris, Val de Marne,
Seine et Marne, Essonne, Loiret, Loir et Cher, Marne, Meurthe et Moselle, Doubs, Ain, Loire, Savoie, Hautes
Alpes, Drôme, Vaucluse, Alpes Maritimes, Var, Bouches du Rhône, Gard, Hérault, Tarn et Garonne, Aude,
Pyrénées Orientales, Haute Garonne, Hautes Pyrénées, Pyrénées Atlantiques, Landes, Gironde, Lot et Garonne,
Dordogne, Haute Vienne, Vienne, Vendée, Loire Atlantique, Morbihan et Mayenne.
7 départements ont ainsi pu constater une prolifération inhabituelle et des piqûres : Ile et Vilaine, Deux Sèvres,
Charente, Charente Maritime, Gers, Tarn et Rhône.
Ainsi, on peut constater que la population concernée n’est pas suffisamment
informée sur le moustique tigre et le rôle qu’elle a à jouer dans la vigilance.

LE MOUSTIQUE TIGRE
une menace encore trop méconnue
En 2018, l’IFOP a réalisé une étude pour Vigilance-Moustiques afin de déterminer les connaissances des
Français sur le moustique tigre dans les départements de métropole concernés par la vigilance rouge, c’est à
dire ceux dans lesquels il est implanté et actif.
Il en ressort que :
43% des habitants des départements en
vigilance rouge ne savent pas reconnaître
un moustique tigre.
35% ne savent pas qu’il est présent dans
leur département.

Ce chiffre varie selon que le moustique est
implanté depuis plus ou moins longtemps
dans la région :
71% dans les départements d’Ile de France
versus 16% en PACA.
Seulement 4% connaissent toutes
les maladies qu’il peut transmettre.
Si le Chikungunya est pointé à 82%, la
dengue à 65% et le Zika à seulement 54%,
près d’un français sur 2 estime, à tort, qu’une
piqûre de moustique tigre peut constituer
un vecteur de transmission du paludisme.
59% n’ont pas le réflexe de signaler la
présence du moustique tigre aux autorités
compétentes.

L’appel à la vigilance citoyenne
toujours de rigueur
1. Veiller à ne pas laisser d’eaux stagnantes dans son environnement proche : vider les soucoupes
des pots de fleur (ou mettre du sable dedans), vider et retourner les pneus, seaux ou arrosoirs
ainsi que tous les petits objets (jouets d’enfants…) laissés à l’extérieur, nettoyer les gouttières ou
canalisations bouchées, traiter les mares avec des larvicides, recouvrir les cuves de récupération des
eaux de pluie, nettoyer les replis des bâches laissées à l’extérieur, les bâches de piscine, renouveler
l’eau des vases, de la gamelle du chien… De manière générale, surveiller la moindre cavité qui peut
se remplir d’un peu d’eau sans pouvoir se vider naturellement. Il suffit de quelques millilitres d’eau
stagnante pour que le moustique tigre femelle puisse y pondre des centaines d’œufs.
Quel rôle peut jouer le citoyen dans la vigilance ?
Face à l’augmentation du nombre de départements
français concernés par le moustique tigre et au manque
de connaissances des habitants sur les risques sanitaires
qu’il représente, Vigilance-moustiques tient à rappeler
la nécessité d’informer la population et de l’inciter à
participer à la vigilance citoyenne en signalant toute
prolifération inhabituelle de moustiques sur
www.vigilance-moustiques.com.
2. Savoir identifier un moustique tigre et déclarer des cas suspects : afin d’orienter l’action des
organismes en charge de la « lutte anti-vectorielle », il est essentiel de signaler la présence du moustique
tigre partout où il se trouve.
3. De manière générale, signaler toute prolifération inhabituelle de moustiques à
Vigilance-moustiques qui se chargera de retransmettre à la commune ou aux organismes concernés.
Pour ce faire, il faut :
- savoir à quoi ressemble un moustique tigre : il mesure quelques millimètres de
longueur, il est noir avec des rayures blanches.
- en cas d’observation d’un spécimen suspect, le prendre en photo, si possible
avant de l’avoir écrasé, ou bien après l’avoir neutralisé sans l’abîmer, puis envoyer
la photo à Vigilance-moustiques qui l’enverra aux organismes compétents pour
authentification.

En 2018, suite à son appel à participer à la vigilance citoyenne, Vigilance-moustiques a vu le
nombre de déclarations de cas sur son site fortement augmenter avec plus de 1300 déclarations
dont 1013 concernaient le moustique tigre. 76 de ces déclarations ont par ailleurs été faites dans
les 9 nouveaux départements en vigilance rouge en 2019. Cette vigilance citoyenne joue donc un
rôle majeur dans la détection de l’espèce moustique tigre.
La météo des moustiques sur vigilance-moustiques
Le site vigilance-moustiques s’adresse
aux professionnels et aux particuliers
qui souhaitent s’informer sur la présence
des moustiques et connaître les risques
liés aux piqûres.

Sur l’année 2018, il a reçu plus de 336 000
visites, preuve de la prise de conscience
de la population de la colonisation du
territoire par le moustique tigre.

1er site d’information actualisée sur les moustiques en France, Vigilance-moustique a développé
un modèle prédictif de Météo des moustiques, qui s’appuie sur la combinaison de 3 outils, une fois
la saison des pluies printanières démarrée :
Les déclarations de cas : Vigilance-moustiques reçoit des milliers de déclarations de cas qui
proviennent de toute la France. Toutes sont enregistrées, mais elles ne sont publiées sur le site
qu’une fois qu’elles ont été vérifiées sur le terrain.
Les températures enregistrées : les données observées sont celles communiquées par Météo
France, autour du printemps, période à laquelle en général, on retrouve cette conjonction
nécessaire humidité + chaleur. Passée la saison des pluies abondantes et printanières, les équipes
Vigilance-moustiques guettent le démarrage de la saison selon une méthodologie définie par le
parasitologue Arezki IZRI : 10 jours consécutifs avec des températures supérieures à 23° Celsius
le jour et 15° Celsius la nuit. Des températures supérieures peuvent accélérer le processus, et des
températures inférieures peuvent le ralentir.
Les indications de “pharmacies sentinelles”. En effet, quand la saison des moustiques a démarré
dans une ville ou une région donnée, les premiers professionnels de santé informés sont les
pharmaciens qui reçoivent immédiatement des demandes de leurs clients.
www.vigilance-moustiques.com